DODGE-MAFFICHE

DODGEM

UN FILM DE KARABACHE

ProducteurELIAS SFEIR VISIOSFEIR

Langues du filmFR

Disponible chezVisiosfeir

ActeursVanesa Prieto, Shaker Shihane, Christophe Karabache, Pascale Habib, Edward Kallajeh, Elie Karabache, Jikkar, Johnny Mhanna, Georgio Zgheib

DistributeurVISIOSFEIR

Conception GraphiqueLOULLY

Bonusle 26 mars 2014 !

Sortie en salle, le 26 mars 2014 !

Dans une banlieue instable de Beyrouth, Nour, un travesti Libanais, accueille l’Espagnole Vanesa, qui vient poser pour des photos. Le projet est bloqué. Une relation bizarre s’installe entre eux. Rien ne se déroule comme prévu. Dans la rue, des jeunes garçons abattent des passants avec un lance-pierres…

Générique

Vanesa Prieto, Shaker Shihane, Christophe Karabache, Pascale Habib, Edward Kallajeh, Elie Karabache, Jikkar, Johnny Mhanna, Georgio Zgheib

Le Site: http://www.dodgem-lefilm.fr/

Genre : Drame

Scénario, Caméra, Réalisation : Christophe Karabache

Directeur de la photographie: Johnny Karlitch

Son: Manu Bodin et Ziad Al-Amine

Montage: Manu Bodin

Mixage: Nicolas Magnon

Musique originale: Wamid Al-Wahab

Producteur délégué : Elias Sfeir

 

Bande annonce du filmici

 

Biographie de C. Karabache :

Christophe Karabache est un cinéaste franco-libanais indépendant, né en 1979 à Beyrouth. Il conjugue documentaires et fictions, interpellant les blessures de la société libanaise, les fractures identitaires. Le désir de dynamiter les clichés s’illustre par des scènes pulsionnelles, des montages heurtés. Les chocs d’images de ses longs-métrages, réalisés après 2010, témoignent d’un regard critique, pénétrant, sur les dérives du Liban et l’explosion des sens.

Il arrive en France pour ses études de cinéma à l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle où il obtient une bourse pour un séjour d’études à The University of Iowa aux États-Unis. Ses films, qui montrent des personnages marginaux perdus ou en réelle solitude, des crises de passions et des relations conflictuelles entre les êtres, des traumatismes de la guerre civile, sont des amas de chairs en perpétuelle subversion.

Son travail a été présenté dans plusieurs pays (Festivals et lieux culturels): USA, France, Liban, Nouvelle-Calédonie, Bénin, Canada, UK, Bosnie-Herzégovine, Hongrie, Grèce, Australie…
Christophe Karabache a été pendant plusieurs années membre de L’Etna (atelier alternatif de cinéma expérimental à Paris). Son documentaire Beirut Kamikaze est sorti en salles en 2011. Il réalise en 2012 son premier long-métrage de fiction Too Much Love Will Kill You qui a fait une sortie au cinéma le 23 janvier 2013. Dodgem est son second long-métrage.

 

Analyse du film par Sasha Waters :

DODGEM : la mort chorégraphiée

Si les personnages du film de Christophe Karabache sont souvent muets, c’est peut-être parce que la violence est souvent sourde, comme si le cinéaste croyait aux actes plus qu’aux paroles. Le silence des personnages nous rapproche de notre part animale. Ils parlent peu entre eux, mais nous parlent à nous, spectateurs, par la voix-off.

Le cinéaste orchestre un monde qui agit par pulsions. Ainsi, les personnages de DODGEM ne décident pas leurs destins. Ils se ruent instinctivement vers l’inconnu et la mort, affranchis de toute notion de bien, de mal, de douleur ou de plaisir. Karabache ne s’intéresse pas véritablement à la violence ou au sexe, mais au moment où l’impulsion du corps l’emporte sur la force de la raison. Les corps des personnages, qu’ils soient dans l’attente, dans l’agression, dans la perversion ou dans la crise sont captés par Karabache avec subtilité et finesse.
Le sang, présent dans ce film (tout comme le vomi), éclaté sur les murs, dans le rêve et dans la réalité, n’est que la manifestation visuelle de cet intérieur du corps marginal, grotesque. Le cinéaste enchaîne violence et tendresse, alterne douleur et douceur et forme un film écorché. Dans DODGEM, on assiste à un spectacle (de terreur) où les créatures multi-faces balancent entre les postures de victimes et de bourreaux. C’est une mort théâtralisée. Et dans ce manège, le spectateur est autant voyeur que complice : on meurt poignardé au couteau, étouffé au gaz, lapidé au lance-pierres, dans des plans insistants et tendus.

Les rapports contrastés entre ces personnages ambigus sont d’une cruauté froide. Un nationaliste mi-fasciste, mi-traumatisé, un transformiste mi-pervers, mi-révolté, une femme modèle mi- narcissique, mi-paumée. Ces personnages ne croient pas à la communication verbale, car tout est agression. Ils sont baignés dans une spirale autodestructrice : on crie, on rit, on se moque, on se regarde silencieusement, on brutalise, on provoque, on fuit, on tue, on meurt. Et tout ceci avec distance (de mise en scène), ellipse (du montage) et hors champ (du cadrage).
La musique de DODGEM, avec ses quelques notes orientales, est un cœur qui bat. Un cœur coléreux qui produit des sons grossiers et forts mais aussi un cœur triste qui produit des sons nerveux et abrupts imposant une tension dans la durée des images et de l’action.
Christophe Karabache nous dit beaucoup de choses sur le Liban, ou plutôt il dit quelque chose de singulier sur son temps. Un Liban politique et (a)social, instable et constamment menacé par la guerre. Mais nous pouvons voir, comprendre et sentir DODGEM sans être pour autant Libanais. Les situations présentées sont extrêmes et peuvent heurter. Elles nous font réfléchir sur la vie.

Sasha Waters

Interview du réalisateurici

Page officielle du film

 

 

DODGEM from Visiosfeir on Vimeo.

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